Ariano Suassuna 80 ans
Le premier numéro d’une revue, même électronique et virtuelle, a besoin d’un ‘parrain’, d’un thème riche et créatif, qui ouvre les chemins et les esprits.
Pour une Revue des cultures de langue portugaise, le choix d’un dossier consacré à « Ariano Suassuna : 80 ans », au-delà de l’admiration et de l’amitié, a semblé naturel parce que significatif d’ouverture à toutes les cultures portées par la langue portugaise (et espagnole). Cet auteur brésilien, dont l’œuvre théâtrale est déjà ‘classique’, auteur d’un des grands romans du XXe siècle et d’une œuvre poétique plus récemment publiée, s’est révélé, au cours des dernières décennies, au grand public (et aux non lecteurs) par les « Leçons Spectacle », qu’il donne à travers le Brésil, dans les universités et parfois même à la télévision, pour transmettre la passion qui a orienté sa vie et son œuvre : sa connaissance des cultures brésiliennes, dans leur richesse et leur diversité.
Le dossier reprend quelques-unes des communications présentées au colloque qui s’est tenu les 29 et 30 octobre 2007, à l’université Paris Ouest Nanterre – La Défense (qui était encore à l’époque Paris X). Après une présentation de l’homme et de l’œuvre par Idelette Muzart-Fonseca dos Santos, Sônia Maria van Dijck Lima s’attarde sur le lien d’amitié et de création qui unit Ariano à Hermilo Borba Filho, dans leur dialogue avec le populaire. Ce même dialogue se poursuit, mais cette fois dans le domaine de la gravure et de l’illustration, avec l’article de Everardo Ramos, puis le brillant essai de Beti Rabetti : s’appuyant sur une profonde connaissance de l’œuvre dramatique, Beti ouvre des perspectives interprétatives particulièrement originales en incluant Suassuna parmi les grands « explicateurs » du Brésil. Les travaux suivants privilégient l’univers théâtral – déjà très présent – avec l’analyse par Adriana Coelho Florent, du personnage de Chicó, conteur d’histoires à dormir debout, tout comme l’Alexandre de Graciliano Ramos, suivie de la confrontation des traductions anglaise et française de l’Auto da Compadecida, par André Heráclio do Rego. Sergio Coelho Borges Farias profite de l’interdisciplinarité affichée du colloque et confronte différents extraits de pièces suassuniennes aux pratiques didactiques du théâtre-éducation. Enfin, Ingrid Bueno Peruchi évalue la présence de Ariano Suassuna dans le ‘canon littéraire’ très particulier, délimité par les livres scolaires.
Les autres parties de la revue proposent également leur lot de découvertes : les poèmes en portugais et en français, de Sônia van Dijck et les comptes-rendus de lectures sur des ouvrages récents.
La rédaction remercie Rosângela Ashe de Paula qui a aidé à la révision de ce numéro 1.
La revue Plural Pluriel espère retenir l’attention et conquérir la confiance de ses lecteurs et en rester digne dans les numéros à venir.
Idelette Muzart – Fonseca dos Santos
Directrice du n°1 de la revue Plural Pluriel