Ariano Suassuna l’homme, l’oeuvre et ses parcours

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Idelette Muzart – Fonseca dos Santos

Université Paris Ouest Nanterre La Défense

EA 369 « Etudes romanes » - CRILUS

 

Sans chercher a priori l’homme dans l’œuvre et réciproquement, il est difficile de nier que certaines œuvres sont plus étroitement liées à leur auteur ou, à tout le moins, qu’une compréhension de l’homme est indispensable à l’appréhension de l’œuvre dans sa complexité interprétative. Tel est le cas de l’œuvre théâtrale, poétique et narrative de Ariano Suassuna. La personnalité aux multiples facettes est aussi liée à une spectacularité - qui passe par la sonorité de la voix, par la présence du corps, du geste, du rire et de l’émotion - et bien entendu à l’oralité d’une culture, vécue et transcendée, qui crée et recrée ses propres traditions. Cette vocalité première est restituée lorsque le texte écrit retrouve la voix qui l’a créé comme support et totalité signifiante.

 

 

L’héritage tragique de l’enfance

 

L’homme est connu et reconnu partout au Brésil. Poète, dramaturge et romancier, artiste plastique et musicien, son visage et sa silhouette mince, aujourd’hui plus fragile et voûtée par l’âge, sa voix au timbre et à l’accent si caractéristiques, son humour, son immense talent de conteur d’anecdotes qui glissent aisément du rire léger à la profonde réflexion, Ariano Suassuna est une image familière que différents programmes télévisuels d’entrevues ont contribué à diffuser du nord au sud du Brésil, dépassant de loin les frontières de l’Etat du Pernambouc, où il vit et travaille, et celles du monde culturel, littéraire, théâtral et universitaire qui fut toujours le sien.

 

Ariano Vilar Suassuna naît dans la ville de Parahyba (aujourd’hui João Pessoa), capitale de l’Etat de Paraíba, le 16 juin 1927. Son père, João Suassuna, exerçait, à l’époque, le mandat de ‘Président’, qui correspond à l’actuelle charge de Gouverneur de l’Etat. A la fin de son mandat, João Suassuna quitte le littoral et retourne au sertão. La famille s’installe à Acauhan, une fazenda d’élevage, proche de Taperoá, mais continue à vivre entre la capitale de l’Etat et le sertão. Le 9 octobre 1930, Ariano a trois ans lorsque son père, devenu Député Fédéral, est assassiné à Rio de Janeiro, en conséquence des divisions et luttes politiques liées à la Révolution de 1930. Ce drame familial restera au centre de la vie, puis de l’œuvre de l’écrivain.

 

C’est donc dans le sertão de Paraíba qu’Ariano passe son enfance, à Acauhan, puis à Taperoá même, où il va à l’école. En 1942, la famille Suassuna s’installe à Recife, capitale du Pernambouc : les aînés y étaient étudiants depuis longtemps, les plus jeunes – parmi eux, Ariano - y seront collégiens. L’adolescence et l’âge adulte se passeront dans la ville de Recife, dont Ariano Suassuna ne s’éloignera plus, où il sera étudiant, puis avocat et enseignant, artiste et écrivain, toujours profondément immergé dans la vie culturelle de cette ville et de l’Etat de Pernambouc.

 

 

De 1946 à 1948, Ariano Suassuna, âgé d’une vingtaine d’années à peine, publie dans revues et suppléments littéraires de journaux, ses premiers poèmes liés au Romanceiro Populaire Nordestin1.

 

 

A la Faculté de Droit de Recife, Ariano rencontre un groupe de jeunes poètes, acteurs, écrivains et peintres avec lesquels, et sous l’influence de Hermilo Borba Filho, de dix ans son aîné, il pense et travaille à la fondation d’un art dramatique national, qui reflète les idées, les problèmes et les intérêts du peuple. Il fonde avec eux le Théâtre de l’Etudiant de Pernambouc (TEP) pour lequel il écrira la première partie de son œuvre théâtrale. Le groupe donne des spectacles à l’air libre, dans des centres ouvriers, des usines, des villes de province, des sanatoriums et des prisons, dans le but de redémocratiser le théâtre.

 

En 1947, il écrit sa première pièce, Uma Mulher Vestida de Sol [Une femme vêtue de soleil], suivie les années suivantes de trois autres2. La tonalité de ces premières pièces est grave, la recherche artistique et religieuse ainsi que le sentiment d’exil intérieur se manifestent, malgré des pointes d’humour, par le sérieux et le tragique.

 

Dans le même temps, Ariano Suassuna, entre jeux de mots et blagues de potache, s’est déjà construit une réputation de conteur d’anecdotes, réputation qui l’accompagne toujours3. A partir de 1951, il semble se tourner résolument vers le comique. Dans un témoignage intime, il reconnaît l’influence décisive de sa femme dans cette transformation, ainsi que dans sa conversion au catholicisme. La première comédie est une vraie farce Torturas de um Coração ou Em Boca Fechada Não Entra Mosquito [Tortures d’un coeur ou Dans une bouche fermée il n’entre pas de moustique], qu’il écrit et met en scène, avec des marionnettes, à Taperoá, où il passait un long séjour pour soigner une maladie pulmonaire.

 

 

Le ‘miracle’ de la Compadecida

 

La pièce la plus connue de Ariano Suassuna, Auto da Compadecida [Jeu de la Miséricordieuse] est écrite en 1955. Elle est présentée pour la première fois au public, le 11 septembre 1956, sur la scène du Théâtre Santa Isabel, par le Théâtre Adolescent de Recife, un groupe amateur animé par Clênio Wanderley, dont une des suggestions de mise en scène est intégrée à l’œuvre et figure depuis dans les nombreuses didascalies de la pièce.

 

Le même groupe la présente, quelques mois plus tard, en janvier 1957, sur la scène du Théâtre Dulcina, à Rio de Janeiro, dans le cadre du Ier Festival de Théâtre Amateur, promu par la Fondation Brésilienne de Théâtre. La pièce est immédiatement considérée comme un chef-d’œuvre et Ariano Suassuna, qui n’a pas 30 ans, est hissé au rang de grand dramaturge national. La pièce reçoit, en cette même année 1957, la Médaille d’Or de l’Association Brésilienne des Critiques de Théâtre et elle est immédiatement publiée par la maison d’édition Agir.

1. 34e édition/2e impression (1999) de Auto da Compadecida (Rio de Janeiro, Agir)

 

A l’occasion du 50e anniversaire de Auto da Compadecida, les Editions Agir, qui n’avaient jamais cessé de rééditer la pièce, lancent en 2004 une édition commémorative illustrée et, en 2005, la 35e édition de l’œuvre, dans un format illustré par Romero de Andrade Lima, moins austère que le précédent.

 

 

2. Couverture Auto da Compadecida, 35e édition, 2005.

 

L’action est portée par un personnage central, João Grilo, un pícaro populaire, dont le nom et le profil sont empruntés à l’univers des contes traditionnels et de la littérature de colportage brésilienne, la literatura de cordel4. Avec son compagnon, Chicó, conteur d’histoires résolument invraisemblables, João Grilo, aussi malin qu’il est pauvre, passe son temps à imaginer des stratagèmes pour gagner quelques sous. Au premier acte, il parvient à satisfaire le rêve de la femme du boulanger, son patron, à savoir faire enterrer son chien ‘en latin’ par le curé du village, grâce à l’invention d’un ‘testament’ qu’aurait laissé l’intelligent animal au bénéfice du curé, du sacristain et bientôt de l’évêque. Au passage, bien entendu, João Grilo a l’intention de bénéficier lui aussi du testament du chien et cette quête de l’argent est un des fils conducteurs de la pièce.

 

 

Une fois le chien enterré, João Grilo imagine de vendre à la femme du boulanger un autre animal de compagnie pour substituer le chien disparu, un chat qui défèque de l’argent. Au moment où ce second stratagème est découvert, l’arrivée intempestive d’un groupe de cangaceiros dans le village réunit tous les personnages devant l’église et ils sont tués l’un après l’autre par Severino de Aracaju et son acolyte. João Grilo parvient à persuader Severino de se laisser tuer en l’assurant qu’il pourra ‘ressusciter’ grâce à un harmonica magique, mais João Grilo est tué à son tour, presque par accident.

 

 

Au troisième acte, donc, tous les personnages, à l’exception de Chicó, se retrouvent dans l’au-delà. Le Diable, o Encourado, tente de les emporter en enfer, mais João Grilo exige d’être jugé et il va l’être, avec les autres, par Manuel, le Lion de Judée, le Fils de David, le Christ. Hélas, le jugement ne leur est guère favorable. João Grilo toutefois ne s’avoue pas plus vaincu dans l’au-delà qu’il ne l’était sur terre : après la Justice, il fait donc appel à la Miséricorde, la mère de la Justice, Notre Dame, appelée A Compadecida, la Miséricordieuse. Après un long marchandage, tous vont au Purgatoire, sauf les cangaceiros, sauvés par le Christ, et João Grilo, que l’on autorise à revenir sur terre pour tenter d’y vivre une vie plus vertueuse. Et de fait, pour honorer la promesse de Chicó, João Grilo glissera tout l’argent du testament du chien dans le tronc de la chapelle de Notre Dame à l’Eglise du village, concluant ainsi la pièce de la Compadecida.

 

 

 

Du rire tragique aux œuvres théâtrales de la maturité

 

La production théâtrale de Suassuna s’enrichit de plusieurs autres titres dans les années qui suivent le triomphe de Auto da Compadecida, pièces montées à Rio de Janeiro et à São Paulo et assez mal reçues par la critique à l’époque, mais retrouvées aujourd’hui par un large public. Ainsi paraissent, la même année, 1957, O Casamento Suspeitoso [Le Mariage suspect] et O Santo e a Porca [Le Saint et la tire-lire].

 

 

Les deux œuvres tentent de dire, sous et par le rire – que certains jugent ‘grossier’, alors que l’auteur se réfère explicitement à Molière et Goldoni - la sombre condition de l’homme, qui « sans Dieu n’aurait aucun sens ». Certes, la réflexion n’était pas absente de Auto da Compadecida et elle sera encore présente dans les pièces qui suivront, mais Suassuna a tenté ici une forme originale d’articulation entre la réflexion tragique de ses premières pièces et le rire qu’il avait apprivoisé par les intermèdes et fait éclater dans son chef-d’œuvre. Il ne reviendra pas, dans son théâtre du moins, à cette forme de rire tragique. Il cherchera ailleurs, dans la fiction romanesque, l’espace nécessaire à une telle entreprise : c’est en 1958 que Suassuna commence à écrire son Romance d’A Pedra do Reino, qu’il publiera en 1971.

 

 

Les deux autres grandes pièces de son répertoire - A Pena e a Lei [La Peine et la Loi], en 1959, suivie en 1960 de Farsa da Boa Preguiça [Farce de la Bonne Paresse] - réintègrent l’espace théâtral nordestin puisqu’elles sont toutes deux montées à Recife et mises en scène par l’ami et compagnon des quinze dernières années d’activité théâtrale, Hermilo Borba Filho, avec lequel il fonde le Théâtre Populaire du Nordeste (TPN). Les deux pièces traduisent la maturité du dramaturge, qui assume ses choix avec lucidité et les défend devant une critique souvent pugnace. Il y discute la possibilité de survie de la culture populaire observée de l’intérieur, face à la pression déformatrice du dirigisme et à la mystification de la plupart des mécénats.

 

 


Le poète : vers voix image

 

Tout au long de sa vie, Ariano Suassuna a écrit des poèmes, souvent restés inédits ou publiés dans les suppléments littéraires de Recife ou dans des revues universitaires. Il faut attendre les années 1980 pour voir ces poèmes publiés, sous une forme particulièrement originale, qui intègre le mot et l’image, dans ce que l’auteur appelle une « illuminogravure »5. Enfin, à la fin des années 1990, une édition de qualité paraît6 et l’année suivante un CD dans lequel Ariano dit lui-même quelques poèmes et les commente7.

 

Sous ces trois formes – vers, voix, image – triomphe le sonnet, forme fixe choisie par Suassuna pour l’essentiel de son expression poétique, à l’exception de quelques formes strophiques populaires.

 

Le lien avec la culture populaire et la voix est toujours prégnant, ainsi que le thème de l’enfance et du drame originel.

 

 

A Acauhan – A Malhada da Onça

Com mote de Janice Japiassu

 

Aqui morava um Rei, quando eu menino:

vestia ouro e Castanho no gibão.

Pedra da sorte sobre o meu Destino,

pulsava, junto ao meu, seu Coração.

Para mim, seu Cantar era divino,

quando, ao som da Viola e do bordão,

cantava com voz rouca o Desatino,

o Sangue, o riso e as mortes do Sertão.

Mas mataram meu Pai. Desde esse dia,

eu me vi, como um Cego, sem meu Guia,

que se foi para o Sol, transfigurado.

Sua Efígie me queima. Eu sou a Presa,

Ele, a Brasa que impele ao Fogo, acesa,

Espada de ouro em Pasto ensangüentado.8

 

 

 

3. Acauhan, Iluminogravura reproduite avec l’autorisation de l’auteur.

 

Le thème est intimiste et revient au drame fondateur de sa vie : la mort du père et la situation d’exilé et d’orphelin que le poète connaîtra toute sa vie. Mais la forme fixe et l’usage des majuscules donne une dimension symbolique et emblématique au poème.

 

 

Le romancier

 

Dès 1956, avec A História do Amor de Fernando e Isaura [L’Histoire d’amour de Fernando et Isaura], version nordestine de Tristan e Iseult, Ariano commence à expérimenter une autre écriture. Peu après, il entreprend ce qui représente sa grande œuvre romanesque : de 1958 à 1970, il écrit un long roman, publié en 1971 – o Romance d’A Pedra do Reino e o Príncipe do Sangue do Vai-e-Volta, salué par la critique comme l’un des chefs-d’œuvre du siècle au Brésil.

 

Suassuna l’intitule “roman armorial-populaire brésilien”, le révélant ainsi comme une manifestation de l’esthétique du Mouvement Armorial, créé et lancé à Recife, le 18 octobre 19709. D’une édition à l’autre, seule change la couverture10 : si la première (août 1971) est due à Gian Calvi, à partir de la seconde (janvier 1972) la couverture est signée Eugênio Hirsh. Après sa 4e édition [1976], le livre disparaît peu à peu des librairies, en raison des difficultés financières de son éditeur, José Olympio, jusqu’en 2004, où il réapparaît enfin, avec une couverture très design reprenant une illustration du livre, de Ariano Suassuna. Une version condensée, adaptée par l’auteur lui-même, est traduite en français et publiée en 199811 sous une couverture reprenant une gravure de Gilvan Samico, artiste célèbre et ami de longue date de l’auteur..

 

Le narrateur du roman est Pedro Diniz Ferreira Quaderna, poète, humoriste, mémorialiste, astrologue et conseiller sentimental, bibliothécaire et propriétaire de La Table Ronde, un établissement à la moralité douteuse, sis à Taperoá, dans le sertão de l’Etat de Paraíba. Le récit mêle les souvenirs d’enfance du narrateur et sa formation poétique à l’écoute des chanteurs improvisateurs de la tradition orale, à l’histoire du 20e siècle brésilien, aux mythes et aux multiples références littéraires qui fondent la transformation d’un humble narrateur en roi d’un royaume imaginaire et en génie de l’humanité.

 

 

4. Couverture de la 1e édition (1971) du Romance d’A Pedra do Reino

 

 

 

5. Couverture de la 5e édition (2004) du Romance d’A Pedra do Reino

 

En 2007, ce roman est transformé en film par le cinéaste Luiz Fernando Carvalho, donnant à ce roman, touffu et d’accès peu aisé pour un lecteur inexpérimenté, une notoriété populaire, accentuée par la médiatisation que la chaîne de télévision Globo sait créer autour de certains événements télévisuels.

 

En 1990, Ariano Suassuna était devenu immortel et membre de l’Académie Brésilienne de Lettres, obéissant ainsi à l’injonction de Jorge Amado et João Cabral de Melo Neto. Il s’est maintenant transformé en icône et après l’Ecole de Samba de Rio de Janeiro, ‘Imperador Serrano’, qui avait choisi A Pedra do Reino comme thème de son défilé en 2003, c’est à São Paulo qu’en 2008, l’Ecole de Samba ‘Mancha Verde’ a voulu rendre hommage à l’écrivain et à l’ensemble de son œuvre.

 

Aujourd’hui à la retraite, Ariano continue à donner des cours de Culture brésilienne, des Leçons-spectacle dans tout le pays, universités ou fêtes du Livre, ou encore à la télévision. Il y maintient, avec le public, un dialogue commencé dès ses jeunes années avec les poètes populaires, les artistes et les musiciens, tels que le sculpteur Arnaldo Barbosa, récemment disparu, ou Mestre Salustiano12, musicien et directeur d’une troupe de maracatu.

 

 

Dialogue qui fonde et nourrit son œuvre et sa vie.

 

6. Ariano Suassuna et le sculpteur Arnaldo Barbosa, dans l’atelier de l’artiste, à Olinda, en août 2003. Photo Idelette Muzart.

 

 

 

7. Ariano Suassuna et Mestre Salustiano, dans l’Ilumiara Zumbi, à Olinda, en août 2003. Photo Idelette Muzart.

 

 

 

 

 

Références bibliographiques

 

NOGUEIRA, Maria Aparecida Lopes, O Cabreiro Tresmalhado: Ariano Suassuna e a Universalidade da Cultura, São Paulo, Palas Athena, 2002.

 

SANTOS, Idelette Muzart – Fonseca dos,

La littérature de cordel au Brésil : mémoires des voix, grenier d’histoires, Paris, L’Harmattan, 1997 ; Memória das Vozes : Cantoria, Romanceiro & Cordel, traduction Marcia Pinheiro, Salvador, Fundação Cultura da Bahia, 2006.

 

------, Em Demanda da poética popular : Ariano Suassuna e o Movimento Armorial, Campinas, Edições da UNICAMP, 1999.

 

------, “Auto da Compadecida : trois adaptations cinématographiques de la pièce de Ariano Suassuna”, in : Oliveira, Anabela Dinis Branco de et alii, Diálogos Lusófonos : Literatura e Cinema, Vila Real, UTAD/CEL, 2008, p. 71-79.

 

SUASSUNA, Ariano,

Romance d’A Pedra do Reino e o Príncipe do Sangue do Vai-E-Volta, 3e édition, Rio de Janeiro, José Olympio, 1972; 5e édition, 2004.

 

------, “O Movimento Armorial”, 2 ed. separata de Revista Pernambucana de Desenvolvimento, 4 (1) : 39-41, Recife, CONDEPE, jan-jun 1977.

 

------, Auto da Compadecida, 17e édition, Rio de Janeiro, Livraria Agir Editora, 1981 [couverture de Rubens Gerchman]; 23e édition, 1988; 34e édition, 2e réimpression, 1999; 35e édition, 3e réimpression, 2005 [couverture et illustrations de Romero de Andrade Lima].

 

------, Sonetos com Mote Alheio, Recife: édition manuscrite et dessinée par l’auteur, 1980.

 

------, Sonetos de Albano Cervonegro. Recife: édition manuscrite et dessinée par l’auteur, 1985.

 

-----, A História de Amor de Fernando e Isaura, Recife, Bagaço, 1994.

 

------, La Pierre du Royaume, version pour Européens et Brésiliens de bon sens, traduit du portugais (Brésil) par Idelette Muzart, Paris, Editions Métailié, 1998.

 

------, Poemas. Sélection, organisation et notes de Carlos Newton Júnior, Recife: Universidade Federal de Pernambuco/ Editora Universitária, 1999.

 

------, A poesia viva de Ariano Suassuna, CD, Recife, Ancestral, 2000.

 

 

 

 

1 Il s’agit là d’un concept fondateur de son œuvre tout entière : Ariano Suassuna désigne sous le nom de Romanceiro Populaire Nordestin l’univers de poèmes, chansons et textes dramatiques qui comprend aussi bien la poésie improvisée des cantadores, que la literatura de cordel et la tradition orale récitée ou chantée (romanceiro tradicional ibérico).

2 Cantam as harpas de Sião (1948), réécrite plus tard sous le titre de O Desertor de Princesa ; Os Homens de barro (1949) ; Auto de João da Cruz (1950).

3 Au point qu’une thèse de doctorat ait été consacrée à l’étude de ce corpus si particulier : Maria Aparecida Lopes Nogueira, O Cabreiro Tresmalhado: Ariano Suassuna e a Universalidade da Cultura, São Paulo, Palas Athena, 2002.

4 Idelette Muzart – Fonseca dos Santos, La littérature de cordel au Brésil : mémoires des voix, grenier d’histoires, Paris, L’Harmattan, 1997 ; Idelette Muzart – Fonseca dos Santos, Memória das Vozes : Cantoria, Romanceiro & Cordel, Salvador, Fundação Cultura da Bahia, 2006.

5 Ariano Suassuna, Sonetos com Mote Alheio, Recife: édition manuscrite et iluminogravée par l’auteur, 1980; Ariano Suassuna, Sonetos de Albano Cervonegro. Recife: édition manuscrite et iluminogravée par l’auteur, 1985.

6 Ariano Suassuna, Poemas. Sélection, organisation et notes de Carlos Newton Júnior. Recife: Universidade Federal de Pernambuco/ Editora Universitária, 1999.

7 A poesia viva de Ariano Suassuna, Recife, Ancestral, 2000.

8 « Acauhan, les taches du jaguar", Sur un thème de Janice Japiassu : « Ici vivait un Roi, lorsque j’étais enfant:/ Son gilet se parait de brun et d’or/ Pierre de chance sur mon Destin/ Son Coeur battait auprès du mien. // Pour moi, son Chant était divin,/ Quand, au son de la Viole et du bourdon,/ Il chantait d’une voix rauque la Folie,/ Le Sang, le rire et les morts du Sertão. // Mais ils ont tué mon Père. Depuis ce jour-là,/ Je vais comme un Aveugle, sans mon Guide,/ Qui est parti vers le Soleil, transfiguré. // Son Effigie me brûle. Je suis la Proie,/ Lui, la Braise qui pousse au Feu, / Epée d’or sur Champ ensanglanté. » C’est nous qui traduisons.

9 Ariano Suassuna, O Movimento Armorial, 2 ed. separata de Revista Pernambucana de Desenvolvimento, 4 (1) : 39-41, Recife, CONDEPE, jan-jun 1977.p.61; Idelette Muzart – Fonseca dos Santos, Em Demanda da poética popular : Ariano Suassuna e o Movimento Armorial, Campinas, Edições da UNICAMP, 1999.

10 Apparemment du moins! Presque secrètement, Ariano Suassuna a glissé une petite modification textuelle dans la 5e édition, p. 622-23, en un clin d’œil ‘cinématographique’ à son lecteur : il a modifié les noms des serviteurs du narrateur Quaderna, qui n’apparaissent qu’à un seul moment du récit, à la fin du Folheto 78, A Cegueira Epopéica, et leur a donné les noms de João Grilo et Chicó, que le roman ne distingue que par la couleur de leurs chemises, l’une rayée de rouge et noir, l’autre de bleu et jaune, reprenant ainsi les couleurs des deux clubs de Taperoá : Taperoá Futebol Clube et Esporte Clube Nordeste. Les acteurs représentant João Grilo et Chicó étaient habillés ainsi dans la première adaptation cinématographique de la pièce, réalisée par George Jónas, en 1969, sous le titre de A Compadecida. Cf. Idelette Muzart – Fonseca dos Santos, “Auto da Compadecida : trois adaptations cinématographiques de la pièce de Ariano Suassuna”, in : Oliveira, Anabela Dinis de et alii, Diálogos Lusófonos : Literatura e Cinema, Vila Real, UTAD/CEL, 2008. Merci à Carlos Newton Junior de me l’avoir signalé et à Ariano Suassuna de l’avoir confirmé malicieusement lors d’une entrevue réalisée en août 2008.

11 Ariano Suassuna, La Pierre du Royaume, version pour Européens et Brésiliens de bon sens, traduit du portugais (Brésil) par Idelette Muzart, Paris, Editions Métailié, 1998.

12 Artiste populaire, Manuel Salustiano Soares, ‘Mestre Salustiano’, né en 1945, est aujourd’hui un des grands noms du maracatu de Pernambouc, avec son groupe Piaba de Ouro. www.pe-az.com.br/biografias/mestre_salustiano.htm